 | Fils d’immigrés polonais arrivés en France dans les années 20, Casimir intègre dès ses 16 ans l’équipe fanion de l’UFM (Union Fraternelle Machinoise), le club de La Machine, petite bourgade du sud de la Nièvre, connue pour son exploitation minière, particulièrement prospère à l'époque.
Une équipe essentiellement composée de mineurs, qui avait effectué un bref passage au niveau CFA à la fin des années 40.
Après un apprentissage de charcutier, pour améliorer son quotidien, il décide lui aussi, comme le paternel, de descendre « au fond du puit ».
Sur le plan football, après un titre de Promotion Honneur, Casimir commence à se faire remarquer en Honneur Auvergne, et plusieurs clubs professionnels, dont St Étienne et Nantes, manifestent leur intérêt auprès de l’UFM, pour ce jeune, régulièrement surclassé en club ou sélection, et dont la qualité du pied gauche n’a pas échappé aux superviseurs du moment.
C’est finalement avec l’US Toulouse qu’il effectue un match d'essai qui s’avère concluant mais qui restera sans suite car il a déjà reçu sa feuille de route pour le service militaire avec comme destination Alger pour une durée de 18 mois.
L’Algérie, où pendant son incorporation, il rejoint pour la saison 1953-54, le NA Hussein Dey, club phare de la ligue Honneur d’Alger, où il est le seul militaire à évoluer dans une formation dirigée par l’ex-international Mario ZATELLI.
A son retour de l'armée, il retrouve l’UFM, où c’est au tour des dirigeants gueugnonnais de venir le solliciter et lui expliquer le mode de fonctionnement du club forgeron associant la pratique du football avec un emploi sur le site métallurgique. Après un an de purgatoire (descente en Honneur), le FCG retrouve le CFA et de nouvelles ambitions.
Le projet l’intéresse et le challenge de pouvoir jouer en CFA l’incite à quitter une nouvelle fois le nivernais.
Arrivé dans la cité des Forges en même temps que Gabriel BRAUN, qui succède à Henri BOITOUT, il dispute son premier match officiel en équipe fanion le 3 septembre 1957 concrétisé par une victoire (3-0) contre les réservistes de St Étienne.
S’ensuivront pendant huit saisons sous les ordres successifs de BRAUN, BORKOWSKI puis VERNIER, quelques 180 matchs de championnat ou de Coupe de France, aux postes de défenseur latéral ou de demi défensif. Postes d'arrière garde qui ne l'empêcheront pas d'inscrire une vingtaine de buts pour le compte du FCG.
Des buts essentiellement acquis sur pénalty ou coup-franc grâce à une frappe de balle supersonique qui lui permettait de s'autoriser des tirs longue distance, auxquels n’étaient pas habitués les gardiens de but de l’époque de la part d’un défenseur.
L’un de ses « missiles » envoyés de plus de 30m lors d’un derby du bassin minier (12/1960) au stade des Alouettes de Blanzy avait particulièrement marqué l’esprit des supporters forgerons.
Lors de sa dernière saison au club, après l’élimination en Coupe de France contre St Quentin, René VERNIER décide de rajeunir son équipe pour finir le championnat, en incorporant les jeunes qui se sont précédemment illustrés en Coupe Gambardella, au détriment des anciens. Et, comme ses partenaires "trentenaire" FOURRIER, MARTINET, VINCENT, MAGISTRI, DOMBROWSKI, Casimir va terminer la saison et par la même son périple gueugnonnais, en division d’Honneur.
En 1967, nouveau retour dans la Nièvre, cette fois-ci à St Honoré les Bains, où il se voit proposer un poste au service entretien de l’établissement thermal, poste qu’il occupera jusqu’à son départ en retraite en 1992.
Parallèlement, il apporte son expérience au club local, en tant qu’entraineur-joueur et il permet à la JSSH d’obtenir deux accessions successives pour atteindre la première division de district.
Sa passion du ballon rond, l’amènera une nouvelle fois à rechausser les crampons pour tenter une relance du club ; il a ainsi rejoué entre 44 et 46 ans, toujours avec une belle condition physique et un pied gauche à la puissance encore impressionnante.
Casimir RATAJEZAK nous a quittés, dans sa 94e année, à l’Ehpad de Château-Chinon où il résidait depuis 2024, après la décès de son épouse. (MCH avec la collaboration de son fils Pascal).
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